22-01-2008

40 ans après…

La plupart des anciens détenus « politiques » des années 60 et 70 étaient encore lycéens au moment de leur arrestation ou de leur kidnapping; ce qui signifie qu’à l’âge de 16/18 ans, ils étaient déjà « politisés » et militaient pour la cause de la démocratie, ou se solidarisaient avec. 

 

C’était le grand départ, le grand démarrage où la participation des jeunes représentait le garant d’un avenir rayonnant pour le royaume. Hélas, cet enthousiasme fut tué dans l’œuf par les ministres d’intérieur qui se sont succédés et, quelque part, avec la bénédiction de partis politiques.
40 ans après, on revient sur ce qui aurait pu être fait, dès le départ : la démocratie.
Mais plus personne n’est motivé. Les rangs des partis sont presque vides, mise à part la période des campagnes où cette opportunité est saisie pour se faire un petit argent de poche.
Plus personne n’est motivé quand on voit la politique de dictat qui règne au sein des partis dont la mission, prétendent-ils, est d’instaurer la démocratie.
Pire ! « Qu’ils fassent de leur Maroc, ce qu’ils veulent ! » répètent la plupart des Marocains. Grave !!! Ces Marocains ne se sentent plus Marocains. Las, ils démissionnent ; ne pouvant participer activement et dignement à la démocratisation du pays, ils tournent le dos à un Maroc qu’ils ne considèrent plus comme le leur.
Il n’y a qu’à faire un tour des bureaux régionaux des partis politiques marocains pour faire l’amère constat : soit ces bureaux sont fermés, soit ouverts et on y joue aux cartes, au partchi, on regarde un match de foot ou, rarement d’ailleurs, la gent politique salonarde fait plaisir à ses oreilles en l’absence des consommateurs – de droit – de la politique.
Comment peut-on édifier la démocratie en l’absence des masses, en l’absence des travailleurs, des syndicats, des étudiants, des agriculteurs, des femmes et même des adolescents ?
Résultat, on se retrouve de temps à autre avec des campagnes électorales du type carnaval mais sans la gaîté et la beauté de ce dernier, avec un flot d’argent qui coule au vu et au su de tous.
Et puis s’annoncent les résultats, des résultats généralement attendus. Quelques années plus tard, la pauvreté, la prostitution, l’abandon scolaire, le nombre des candidats à l’émigration illégale, ont augmenté ; les villes ont perdu plus d’espaces verts et puent l’ammoniac à chaque coin de rue, des ateliers polluants (sonore et air) ont été autorisés à ouvrir n’importe où et n’importe comment…
Depuis 40 ans, rien ne semble changer, parce que des partis dits politiques, bien avant ce qu’on appelle le makhzen, ne le veulent pas… réellement.
M. Mrini

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