28-01-2008
La Biodiversité de Jbel Moussa vue par les jeunes scolarisés des Douars Belyounech et Oued Marsa
Convaincus que la vraie éducation en général et l’éducation à l’environnement en particulier ; ne peut se faire que par la participation et l’implication des jeunes à la recherche des solutions aux problèmes environnementaux les plus proches
l’Association des Enseignants des sciences de la Vie et de la Terre de Tanger (AESVT) et le Centre d’Education à l’Environnement de Tanger (CEET) ont décidé cette année 2007/2008 que toutes les actions programmées doivent tenir compte des constats suivants :
• L’enfant est un vecteur clé d’évolution des mentalités. Il peut être un acteur de la sensibilisation des adultes.
• Le temps scolaire est un temps privilégié de sensibilisation des enfants à la thématique de l’environnement et à l’acquisition des savoirs.
• Il est nécessaire de développer le dialogue enfant-adulte pour favoriser les prises de conscience, expliquer les responsabilités, rappeler les droits et les obligations de chacun.
• Le partage d’expériences constitue un axe clé d’une action éducative
• L’éducation à l’environnement se construit. C’est un travail à long terme qui doit être conduit avec la volonté de démultiplication et de reproduction.
• Le travail en réseau constitue une réelle force, permettant de partager des expériences, d’enrichir une démarche, de trouver de nouvelles approches.
• La plupart des jeunes ignorent les vraies richesses naturelles et culturelle de leur entourage, non parce qu’ils ne veulent pas mais parce que les moyens de les faire connaître sont limités et insuffisants.
C’est dans cette perspective que l’AESVT et le CEET et avec la collaboration des Eaux et Forets de Tanger et les Délégations de Tanger Asilah et Fahs Anjra ont programmé, dans le cadre de la préservation et la valorisation des ressources naturelles, et ont axé leurs activités durant cette première partie de l’année 2008 sur le Site Biologique et Ecologique de Jbel Moussa ; après la rencontre organisée avec les jeunes scolarisés des établissements de la délégation de Tanger le samedi 5 janvier 2008 , c’était le tour des jeunes des établissements scolaires de la délégation de Fahs Anjra et les secteurs scolaires de D’chicha et Belyounech.
La journée du samedi dernier 19 janvier 2008 était riche et diversifiée ; deux ateliers sont programmés ; un à l’Oued Marsa pour les 30 jeunes éducateurs pairs du S/S de D’Chicha et l’autre à Belyounech pour les jeunes écoliers de Belyounech .
L’AESVT et le CEET ont, pour réussir cette manifestation, affecté deux groupes formés par des animateurs experts en la matière de la sensibilisation et l’éducation à l’environnement accompagnés d’un représentant du service des Eaux et Forêts Tanger .
• Groupe de Oued Marsa formé par Mme Souad Moudir ; Mustapha Sidi Ben Salah et Latifa Ouakrim
• Groupe de Belyounech formé par Mme Souad Bahi ; Houcine Zizouni et Said Chakri
Que ce soit à Oued Marsa ou à Belyounech les jeunes scolarisés qui ont assisté ont beaucoup apprécié aussi bien la qualité du contenu et les approches pédagogiques utilisées par les animateurs.
Biodiversité de Jbel Moussa
Le SIBE de Jbel Moussa dispose de nombreuses ressources naturelles notamment :
- Une faune et une flore riches et diversifiées.
- Une avifaune parmi les plus représentatifs du Maroc, avec près 252 espèces entre oiseaux (sédentaires, migrateur et nicheurs).
- Des habitats diversifiés et dynamiques, offrant un site de nidification remarquable pour 103 espèces ce qui sur un territoire assez restreint constitue un niveau de représentation très élevé pour la biodiversité marocaine en particulier pour les rapaces, ces habitats offrent aussi des escales de première importance, aussi bien aux migrateurs post-nuptiaux que les migrateurs prénuptiaux.
- Le point central de l’aire d'hivernage pour les espèces migratrices ou hivernantes qui ont un régime insectivore ou frugivore car elles trouvent des ressources alimentaires abondantes pendant toute la durée de leur séjour dans cette aire.
- Une richesse mammalienne équivalente à celles des sites les plus conservés du pays.
- De nombreuses espèces et sous-espèces végétales endémiques du Détroit de Gibraltar (Pinus pinaster var. iberica de Ras Cires, Drosophyllum lusitanicum, Quercus fruticosa…) ; présence de singe Magot et de nombreux rapaces migrateurs, site de passage de l’avifaune migratrice paléarctique ; forêts méditerranéennes de chêne liège et chêne kermès impénétrables ; site historique de conquête arabe de l'Andalousie.
Principaux problèmes identifiés :
Malgré que le SIBE du Jbel Moussa, laisse apprécier une remontée biologique remarquable qui témoigne d’un bon niveau de conservation de la biodiversité floristique, voire même faunistique, le site reste un proie à de sérieuses menaces de dégradation ; qu’il faut surveiller avec prudence notamment :
Les nuisances d’origine anthropique - les incendies- les déchets - les chiens errants - le braconnage des Magots - la pêche sous-marine - les véhicules et motos tous terrains – la forte exploitation des carrières montagneuses et des sables marins utilisés dans la construction. – la Faible implication des acteurs locaux et des institutions représentatives dans la défense du patrimoine naturel
Pour plus d’information la Chronique reviendra sur cet événement la semaine prochaine, notamment pour la description détaillée du programme de cette journée.
M.M.

