12-02-2008

L’amour du bled

On parle de nouvelles mesures, de réformes diverses, de différentes lois pondues pour être quelques jours – ou mois – plus tard annulées par décret ministériel. Mais généralement le tout est fait sans âme, sans cœur d’abord, et, ensuite, sans perspicacité. 

 

Presque du bricolage dans plusieurs cas, y compris celui de la réforme de l’enseignement.
Quand il s'agit de réforme (entre guillemets) de l'enseignement, quelle est la constitution de la cellule ou de la commission qui prend en charge d'étudier, d'analyser, de disséquer, d'arriver à un diagnostic, de chercher les solutions, de les imposer au gouvernement, de planifier, de dresser une stratégie, etc?..
Parce qu’après tout il s'agit de l'avenir de générations, de celui du pays, des citoyens de demain. C'est un travail de longue haleine qui doit mobiliser des scientifiques, les sociologues, les psychologues, les académiciens, les pédagogues, les anthropologues, les chercheurs, les économistes, les gens du terrain, les représentants des associations des parents, les spécialistes des droits de l'homme, les militants de l'éducation civique.... et que tout ce beau monde, ait une bonne dose d'amour pour ce pays, et que tout ce beau monde ait l'enthousiasme d'antan, de l'après indépendance, et que tout ce beau monde ait la foi et la confiance...
Ce triste pays souffre, d'abord et avant tout, du manque d'amour de la part de ses responsables, de ses citoyens. Aimons donc, pour commencer, ce cher Maroc, pays de nos ancêtres et pays de nos enfants et petits enfants. La plupart des Marocains insultent leur pays et s'insultent entre eux. La méfiance et le fatalisme règnent et trop peu sont ceux qui croient en des jours meilleurs à part les goinfres qui ne cessent de "traire" la vache.
Deux Maroc distincts sont en train de se mettre en place; celui des riches (par tous les moyens) et celui des nécessiteux mécontents ; celui du plateau de la télévision où on ne fait que danser, chanter et droguer les chômeurs et celui de l'autre plateau où on traite la critique littéraire, l'économie mondialiste et où on reçoit les Gaulois vernis ; celui des rayons chromés des grandes surfaces et celui de l'étalage crasseux à même le sol des ambulants ; celui des 4 voitures par famille et celui d'un transport en public invivable.
Dans ces conditions, comment peuvent les nantis proposer de bonnes solutions aux divers problèmes des autres, les consommateurs de leurs produits et de leur politique, y compris ceux de la gauche « caviar » ? Quelles solutions? N'importe quoi! Du bricolage, du tape-à-l’œil, sans professionnalisme aucun, sans âme et sans culture.
La preuve est qu’avec tout ce tintamarre, et la politique de l'état, et les droits des enfants, et la société civile, et le branle-bas de combat.... il y a encore – de plus en plus d’ailleurs - des enfants, âgés de 7 à 10 ans, qui passent la journée, en pleine ville, en pleine métropole, à vendre des mouchoirs en papier et des sachets en plastic, ou à mendier et à se prostituer!!!
A la notion « devoir-civisme » doit obligatoirement s’ajouter celle de l’âme, du cœur, de l’amour. Le comportement de l’humain vis-à-vis de son semblable ne doit pas être mécanique.
M. Mrini

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