19-02-2008
Vers un assouplissement des positions ???
Le secteur de la pêche, précisément celui de la pêche côtière a tant fait parler de lui ces 5 ou 6 dernières semaines. Tout a commencé avec la montée du prix du mazout ; problème auquel est venu s’ajouter un autre, celui de la TVA (7%).
Réunions entre professionnels, consultations et, par la suite, désignation d’une commission pour le suivi des « négociations » avec les responsables du ministère.
On arrive, finalement, à un communiqué conjoint entre les professionnels et les autorités de tutelle ; communiqué qui, disent les professionnels, doit d’abord être signé par les représentants du secteur à l’unanimité et publié pour que cesse l’arrêt du travail et pour que mouille les bateaux.
Mais, semble t-il, les choses ne se déroulent pas exactement comme convenu entre les professionnels et le ministère.
Nous avons demandé à Mohamed KHAIRI, président de l’association des armateurs de la pêche côtière à Tanger de nous donner plus de lumière à ce sujet.
Nous suivons avec vous le dossier des problèmes que vit le secteur de la pêche depuis 5 semaines environs. Vous vous êtes réunis entre professionnels et, par la suite, vous vous êtes entretenus avec le ministre à 2 ou 3 reprises. Où en êtes-vous arrivés ?
En ce qui concerne l’arrêt qu’il y a eu dans le secteur côtier, nous le considérons comme légitime, à cause de la hausse exorbitante du prix du carburant, en plus de la TVA à 7%.
La dernière réunion a été peu satisfaisante, malgré que les professionnels aient fait des concessions pour résoudre un volet du problème. L’accord qu’il y a eu avec le ministère de la pêche maritime comporte 3 points : l’unification des prix de la part de tous les fournisseurs de carburant; la facilité dans la délivrance des autorisations de pêche ; et quelques clauses exceptionnelles assouplissant l’application de la TVA à quelques produits de grande utilité pour la pêche. Si ces trois points sont respectés, l’activité de pêche reprendra au courant de la semaine prochaine. Jusqu’à présent, nous attendons la décision du ministère qui ne nous est pas encore parvenue. Il y a eu un communiqué commun entre les professionnels et le ministère, dernièrement, mais il y a un problème qui se présente quant à la signature de ce document et Monsieur le secrétaire général doit assumer ses responsabilités à ce sujet.
Expliquez-vous à ce propos, si vous voulez bien.
Ce document a été envoyé à toutes les délégations du ministère, mais, à notre surprise, nous découvrons que ce document conjoint entre professionnels et ministère est signé par une personne qui prétend représenter tous les professionnels.
Personne ou association ?
Il y a des associations qui font des accusations que nous réfutons, je défie celui qui dit que notre association est un pont entre les professionnels et l’administration. De ce fait, l’occasion est venue pour clarifier les choses, il est temps que l’opinion publique sache la vérité, nous n’avons jamais été des intermédiaires entre les autorités et les professionnels, nous jouons un rôle social dans l’intérêt des professionnels, et non contre eux, et nous n’avons jamais eu l’intention de semer la zizanie dans le secteur, au contraire, je témoigne et je clame que le secteur de la pêche côtière a eu beaucoup de courage en s’arrêtant ainsi et ce malgré des contraintes.
Autre chose, si vous permettez, j’aimerais répondre à une autre accusation qui m’a touchée. Il a été dit que nous exploitons ces circonstances à des fins politiques. L’association ne fait pas de la politique, elle n’en a pas le droit, elle fait du social. Personnellement je n’ai pas d’étiquette politique et je n’ai aucun projet à ce sujet. Je suis le président de cette association et tout ce que j’entreprends, en coordination avec d’autres partenaires, c’est pour, en toute modestie, défendre les intérêts du secteur.
S’il y a des personnes qui visent, pour les élections de 2009, le poste de maire, c’est de leur droit, mais ça n’a rien à voir avec l’association. Encore une fois, ce sont les chambres maritimes qui créent tant de problèmes au sein du secteur, parce qu’il y s’agit de politique, justement.
Revenons aux associations qui ont signé avec le secrétaire général, quelle est leur représentativité dans le secteur ?
Le communiqué a été signé en présence de 44 ou 46 personnes qui étaient dans la réunion avec le ministère, dont des associations du patronat, des associations de pêcheurs et des syndicats, il n’est pas logique que je me présente comme association et je signe tout seul, je n’ai pas ce rôle. Et sans qu’on ne signe, il y a une commission de 14 personnes qui a ce mandat avant quiconque.
Les associations que nous sommes dans l’enceinte de ce port, nous nous devons l’un pour l’autre du respect et de la complémentarité, mais je dois souligner que dans les actuelles circonstances, notre association s’est retrouvée seule. Nous n’avons pas apprécié qu’il ait une autre association qui a cassé, ou tenté de le faire, ce mouvement de contestation légitime.
Quelle est la position de la chambre maritime dans ce conflit, si on peut l’appeler ainsi ?
La chambre a un rôle consultatif, il s’agit d’une institution gouvernementale pour être clair. Elle n’a donc pas le droit d’appeler à un arrêt.
Je vais vous ajouter autre chose à propos des chambres et j’assume la responsabilité pour ce que je dis ; ce sont elles qui étaient à l’origine de la balkanisation du secteur. Il y a 7 postes de grande importance à pourvoir, 4 pour les présidents et 3 pour les parlementaires représentants le secteur. Du coup, c’est la grande course vers ces postes. Bien entendu, dans ce tableau, c’est le professionnel est le grand perdant.
Revenons au communiqué conjoint ; quelle serait votre réaction si ce document est adopté avec la ou les signatures qui y seront apposées ?
Nous nous sommes mis d’accord avec le ministère – et là, je le répète, le secrétaire général doit assumer ses responsabilités – pour que ce document soit signé unanimement dans l’enceinte du ministère et publié par la suite. S’il n’est donc pas signé comme convenu, il n’a aucune validité.
Propos recueillis par Mohammed Mrini

