19-02-2008
Ecrit par Ahmed Maïmouni : Entraîneur marocain en Suisse
Les déboires du Maroc : entre culpabilité et responsabilité
Continuer à miauler et à pleurnicher de la sorte sur le sort de notre football, je ne crois pas que cela nous soit utile, ou arrangerait pour autant la situation, ni réglerait nos soucis et problèmes. C’est bien trop facile ; surtout quand plus rien ne va. Je comprends que la déception est profonde, mais il faut de la retenue et ne pas foncer tête baissée en avant.
D’accord, il est de notre droit de porter la critique tout d’abord sur le technicien, ensuite de porter une analyse objective et constructive sur l’état de santé de notre patrimoine football à tous. C’est de notre responsabilité, puisque ça nous touche. Cela va de soi.
Mais il convient surtout, et avant tout, et à défaut de pouvoir remédier, d’être en mesure de proposer des solutions plausibles et concrètes. Sinon, honnêtement critiquer pour critiquer, c’est rajouter inutilement de l’huile sur le feu. Cela ne servirait vraiment pas la cause ; il faut avoir un peu de bon sens et d’esprit de responsabilité.
Avant, il n’y avait pas beaucoup de voix qui se levaient, et pourtant, ça se passait devant leurs yeux. Il ne fallait pas être dupe : un niveau de championnat sans relief, sans enjeu, sans buts et sans émotions, notre représentation est si médiocre, nos clubs aux abonnés absents et là, tout d’un coup, le blessé est à terre, et voilà tout le monde qui s’éveille et se met à tirer sur l’ambulance. Je dis stop, SVP, n’en rajoutez plus, la coupe est pleine, merci.
Même si la déconfiture de la CAN 2008 reste en travers de la gorge, cette désillusion a mis en relief les carences de notre paysage footballistique, mais là pour moi, c’est un autre chapitre que je vous promets d’aborder avec pertinence et précision par la suite.
Même si tous les sujets et paramètres semblent liés, et en relation directe ou indirecte les uns avec les autres, comme dans la structure du corps où tous les éléments son reliés, mais avec des fonctionnalités complémentaires mais spécifiques, tous unis pour le bien de l’être, ne dit- on pas qu’un seul membre vous manque et…. ! N’est-ce pas ?
Donc pour revenir à nos moutons, qui se sont comportés comme des brebis en cette occasion, c’est vrai qu’on n’a pas de Drogba, ni d’Etoo, en ce moment, sinon ça se saurait ! Dans ce cas, on n’aurait pas eu droit à la remarque désobligeante d’un parachuté ignorant les fondamentaux d’un football qui l’a rendu noble, qui l’a remis en selle dans le panorama international. (Est de tout temps alimenter les actions du football dans l’hexagone). ?
Comment se dire professionnel en charge des hommes de surcroît professionnels pour la quasi-totalité, dans une discipline où l’on se doit de mettre en avant ces critères-ci: l’honnêteté, le courage, la discipline, la solidarité, entre autres, et oser leur jeter la pierre ainsi ? Permettez-moi de vous dire que là, c’est un comportement mesquin et lâche. Si vous êtes responsable en chef, vous faites preuve d’un manque d’audace et d’honnêteté. Comment pouvez-vous par la suite l’exiger des joueurs ? On dit toujours qu’une équipe ressemble et s’identifie à son entraîneur, en l’occurrence, là c’est un peu le cas. Une équipe nationale sans punch, sans caractère, sans rigueur, fouillons leurs devoirs et leurs responsabilités, à l’image de leurs chef; et ça devient comme par enchantement des lions apprivoisés, dociles, invulnérables et sans défenses.
A suivre

